Hall of Fame
Spanish All-Stars
🇫🇷 Il y a quelque chose d’unique chez les Espagnols. Ils sont à l’origine de bien des découvertes et des modes qui ont changé le monde entier… et d’autres tout aussi talentueux qu’on a tendance à oublier. Certains sont illustres, d’autres ont été plus discrets. Ce Hall of Fame est pour eux.
🇬🇧 There is something unique about the Spanish. They are behind many of the discoveries and trends that have changed the entire world … as well as others, equally talented, whom we tend to overlook. Some are renowned, while others have kept a lower profile. This Hall of Fame is for them.
Expats All-Stars
🇫🇷 Vous avez vécu quelque chose d’inoubliable depuis que vous êtes installé en Espagne ? Une galère qui fait rire, une surprise qui a tout changé, une rencontre improbable ? Racontez-nous. Les meilleures histoires entrent au Hall of Fame des Expats All-Stars. Envoyez votre anecdote à contact@pros4expats.com
🇬🇧 Have you experienced something unforgettable since moving to Spain? A funny mishap, a surprise that changed everything, or an unexpected encounter? Tell us about it. The best stories make it into the Expats All-Stars Hall of Fame. Send your anecdote to contact@pros4expats.com


HALL OF FAME
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🇫🇷 Son père, professeur de dessin, lui a transmis ses pinceaux à 13 ans en déclarant qu’il ne pouvait plus rien lui apprendre. À 19 ans il s’installe à Paris. Invente le cubisme, révolutionne l’art moderne, produit plus de 20 000 œuvres. Guernica, peinte en six semaines en 1937, est aujourd’hui l’œuvre politique la plus reproduite de l’histoire. Il est mort à 91 ans, un pinceau à la main.
🇫🇷 Cinq Tours de France consécutifs (1991-1995). Mais le plus stupéfiant, c’est sa physiologie : son cœur au repos battait 28 pulsations par minute — un humain normal est à 60-70. Ses poumons avaient une capacité de 8 litres, contre 6 pour un athlète ordinaire. Les médecins qui l’ont examiné ont dit qu’il n’était pas tout à fait humain. Il était navarrais, ce qui revient peut-être au même.
🇫🇷 Né dans un village de La Mancha sans eau courante. Arrive à Madrid à 17 ans sans le sou. Travaille comme employé de téléphone le jour, tourne des films en Super 8 la nuit. Deux Oscars, une Palme d’Or. Hollywood lui propose des blockbusters à répétition. Il refuse. Il ne tourne qu’en espagnol, que ses histoires, que ses femmes. C’est peut-être pour ça qu’il a gagné.
🇫🇷 Son père lui interdisait de sortir jouer tant qu’il n’avait pas fait ses heures de guitare. Il pratiquait 10 à 12 heures par jour. Il a révolutionné le flamenco en y intégrant le jazz et la bossa nova — une hérésie pour les puristes. Miles Davis l’a écouté et a dit qu’il ne comprenait pas comment c’était possible. Paco de Lucía haussait les épaules. Pour lui, c’était juste de la guitare.
🇫🇷 Il travaillait sur la Sagrada Família depuis 43 ans quand un tramway l’a renversé à Barcelone en 1926. Ses vêtements étaient si usés que les passants ont cru à un mendiant. Transporté à l’hôpital des pauvres, il n’a été identifié que le lendemain. Il est enterré dans la crypte de la Sagrada Família — l’église qu’il n’a pas eu le temps de terminer et que personne d’autre n’aurait pu commencer.
🇫🇷 Première actrice espagnole à remporter l’Oscar (2009, Vicky Cristina Barcelona). A commencé la danse classique à 8 ans, a passé une audition pour un rôle à 16 ans contre 300 candidates. Parle couramment espagnol, anglais, italien et français. Refusé des dizaines de rôles hollywoodiens pour ne pas trahir ses convictions. Tom Hanks a dit qu’elle était la meilleure actrice avec laquelle il ait jamais travaillé. Elle a haussé les épaules.
🇫🇷 Le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle existait avant les cartes routières, avant les auberges, avant internet. Des millions de pèlerins l’ont parcouru depuis le IXe siècle en suivant… les étoiles. La Voie Lactée servait de boussole naturelle en direction du nord-ouest. Aujourd’hui 500 000 personnes le font chaque année. Certains pour la foi, beaucoup pour autre chose. Tous arrivent changés. C’est peut-être la même chose.
🇬🇧 His father, a drawing teacher, is said to have handed over his own brushes when the boy was thirteen, declaring he had nothing left to teach him. At nineteen Picasso moved to Paris. He invented Cubism, redrew the map of modern art, and left behind more than 20,000 works. Guernica, painted in six weeks in 1937, is the most reproduced political artwork in history. He died at ninety-one with a brush in his hand.
🇬🇧 Five consecutive Tours de France, 1991 through 1995. But the astonishing part is the physiology: his resting heart rate was 28 beats per minute, against 60 to 70 for the rest of us. His lung capacity was close to eight liters, where a trained athlete manages six. The doctors who examined him said he wasn’t entirely human. He was Navarrese, which may amount to the same thing.
🇬🇧 Born in a La Mancha village with no running water. Arrived in Madrid at seventeen with nothing. Worked at the phone company by day, shot Super 8 films by night. Two Academy Awards, a shelf of prizes from Cannes and Venice. Hollywood offered him blockbusters, repeatedly. He turned them down. He shoots in Spanish, his own stories, his own women. That may be exactly why he won.
🇬🇧 His father wouldn’t let him out to play until he had done his hours on the guitar. He practiced ten to twelve hours a day. He rebuilt flamenco from the inside, folding in jazz and bossa nova — heresy, said the purists. Miles Davis listened and said he couldn’t work out how it was being done. Paco de Lucía shrugged. To him it was just a guitar.
🇬🇧 He had been working on the Sagrada Família for forty-three years when a tram struck him in Barcelona in 1926. His clothes were so worn that passers-by took him for a beggar. He was carried to a paupers’ hospital and went unidentified until the following day. He is buried in the crypt of the Sagrada Família — the church he ran out of time to finish, and that nobody else could have started.
🇬🇧 She took the Academy Award for Vicky Cristina Barcelona in 2009, the first Spanish woman ever to do so. She trained in classical ballet from the age of eight and beat out roughly three hundred other girls at her first serious audition, at sixteen. She works in Spanish, English, Italian and French. She has turned down a long list of Hollywood roles that didn’t interest her — and says very little about it.
🇬🇧 The road to Santiago de Compostela was there before road maps, before guesthouses, before the internet. Pilgrims have walked it since the ninth century, navigating by the stars: the Milky Way runs northwest, and so does the Camino. Around half a million people walk it every year now. Some for faith, many for something else. They all arrive changed. Perhaps that is the same thing.
EXPATS ALL-STARS
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🇫🇷 « no te metas en el fregado de una madre »
Plaisanterie pour initiés
Quand j’ai entendu cette expression la première fois, je l’ai prise au sens littéral.
Le « fregado », c’est le sol fraîchement passé à la serpillère… sauf que le ménage ne venait pas d’être fait et le sol était propre et sec. Et on n’était même pas à la maison !
Il a fallu que je demande à une collègue de bureau de lever le mystère… en gros ça veut dire « ne te mêle pas de ce qui ne te regarde pas ! ». Sinon, il y a des embrouilles à l’horizon. Parce que si vous pensiez à traverser le salon fraîchement lavé par votre belle-mère espagnole… vous allez commettre un crime !
L’avertissement idiomatique qu’il vaut mieux connaître…
Sabrina, fraîchement installée à Marbella
🇫🇷 C’est une histoire qui remonte à une quinzaine d’années.
La société P&V, qui cherchait à vendre des appartements en multipropriété dans la région de Marbella, était venue nous faire son pitch en banlieue parisienne — et pour nous convaincre, plutôt que de se contenter de beaux discours, elle nous avait offert une semaine sur place, en plein vacances de Noël. Mon mari voyageait beaucoup pour son travail et accumulait les miles Air France : résultat, une semaine de logement, de vols et de voiture de location gratuits pour toute la famille. Comment résister ?
Nous voilà partis avec nos deux filles de huit et neuf ans.
Après un voyage assez éprouvant, agrémenté d’une chasse au trésor légèrement agaçante pour trouver le bureau P&V, nous nous laissons enfin tomber dans les fauteuils du salon pendant que les filles partent explorer leur chambre. Pour nous remettre de nos émotions, nous décidons de nous faire une bonne tasse de thé — la cuisine est bien équipée, il y a tout ce qu’il faut.
Si nous avions été dans un dessin animé, nous aurions tout recraché d’un seul coup.
Mais comme nous sommes des citadins bien élevés, nous avons fait une drôle de tête — vraiment — et nous nous sommes demandé si nous n’avions pas confondu le sucre et le sel. Vérification faite : tout était parfaitement propre. Le sucre était bien du sucre.
C’était l’eau du robinet qui nous avait joué un tour.
Il ne nous était tout simplement pas venu à l’idée qu’on pouvait faire couler de l’eau salée d’un robinet de cuisine. Ça ne faisait pas partie de notre logiciel.
Nous avons alors compris pourquoi il y avait deux bouteilles d’eau dans le réfrigérateur. Au bord de la mer, dans le sud de l’Espagne, à l’époque où nous y sommes allés, l’eau n’était pas franchement très dessalée — et nous en avons fait les frais. Un séjour plus récent dans la même région nous a montré que de gros progrès avaient été faits depuis. Mais à l’époque des débuts d’une urbanisation débridée, les infrastructures ne suivaient pas vraiment.
Vous allez sans doute rire : depuis ce jour-là, chaque fois que nous nous arrêtons quelque part en Espagne, nous faisons toujours, toujours couler l’eau du robinet pour la tester. On ne nous y reprendrait plus.
Cela dit — nous adorons l’Espagne. C’est un pays où nous allons nous promener et où nous pourrions vivre… si nous n’avions pas déjà élu domicile au Portugal. 😄
Nicole, de Louveciennes
🇫🇷 Jacques est un copain de promo de notre école d’ingés, et je l’ai rencontré par hasard, lors d’une réunion de travail entre nos deux entreprises, à Salamanque. On est allés prendre un verre et il m’en a raconté une bien bonne. Il s’était fait embarquer par ses collègues pour fêter je ne sais pas quoi, ou même peut-être sans raison, et il s’est retrouvé, un verre à la main, à lancer des toasts, en répétant, bien encouragé par ses compagnons de beuverie, des incantations en espagnol auxquelles, bien entendu, il ne comprenait rien. Quand il parle encore, maintenant, des grossièretés qu’il a proférées, d’une vulgarité qu’on ne profère pas en France, même bien éméché, plus vulgaires les unes que les autres, sous les regards et les rires goguenards de ses collègues espagnols, il en a le rouge aux joues. Il a juré qu’il ne s’y ferait plus jamais prendre et m’a encouragé à me méfier des toasts à l’espagnole… si je ne suis pas tout à fait sûr de mon coup et de la compagnie ! Et pourtant, Jacques, ce n’est pas un timoré…
Avis à ceux qui se font embarquer dans ce genre de « virées » sans savoir !
Jacques, Lille
🇫🇷 Quand je suis entrée dans la salle d’attente de l’hôpital, j’ai cherché qui était le dernier dans la file d’attente, prête à prendre la place juste derrière. Mais non, pas de queue… alors je fais comment pour ne pas griller le tour de quelqu’un d’autre ? Je ne peux pas mémoriser tous les gens présents… pour ne pas risquer de griller une priorité, quand même !
Il a fallu une gentille dame française qui, visiblement, avait fait la même expérience, pour m’expliquer qu’on ne fait pas « la queue » en file indienne, en Espagne. On entre, et on lance à la ronde : « ¡quién da la vez! » (qui est le dernier ?). Et on surveille celui qui a répondu… pour prendre sa suite dès qu’il a fini de faire ce qu’il était venu faire.
Fini, le « À la queue, comme tout le monde ! » agressif qu’on reçoit en France… alors oui, ça ressemble à un sacré foutoir… mais ça marche… ça marche même très bien !
Isabelle, Marseille
🇫🇷 Nos voisins nous ont invités au mariage de leur fille aînée… sympa ! On les connaît depuis plusieurs années…
Et ils ont tenu à nous déposer un carton d’invitation. Bon, entre voisins, depuis le temps que ça se préparait, nous n’en avions pas tellement besoin.
Mais en ouvrant l’enveloppe… nous sommes tombés de notre chaise.
Sur une carte française, il y a parfois imprimé sur le carton – très discrètement – ou sur une petite carte à côté, la mention qu’une liste de mariage a été déposée dans tel ou tel magasin. Et franchement je trouve ça mieux que de voir un salon de mariage se remplir d’une collection de vaisselle, de vases et ustensiles inutiles et dépareillés ! Ça ne choque personne et ça aide les jeunes à démarrer dans la vie.
Mais là… non… c’est carrément le RIB… oui, vous avez bien lu, le Relevé d’Identité Bancaire qu’on vous donne… sur une petite carte à part ou imprimé sur le faire-part.
Alors on s’est renseignés et non, ce n’est pas considéré comme très élégant selon l’Asociación Española de Protocolo (Association espagnole du protocole). Autrement dit : tout le monde le fait mais tout le monde sait très bien que ce n’est « pas très classe ».
Et voilà, un petit choc culturel… cela dit je n’ai pas vérifié si ça se pratique en France aussi…
Patrick et Geneviève, Enghien
🇬🇧 An inside joke for the initiated
When I first heard this expression, I took it completely literally. « Fregado » means a freshly mopped floor… except no one had just mopped, and the floor was perfectly clean and dry. And we weren’t even at home!
I had to ask a colleague at the office to solve the mystery for me. It roughly means « mind your own business! » Otherwise, trouble awaits. Because if you’re thinking of walking across your Spanish mother-in-law’s freshly mopped living room floor… you’re about to commit a crime!
The idiomatic warning it’s worth knowing in advance.
Sabrina, newly settled in Marbella
🇬🇧 This story goes back about fifteen years.
A company called P&V, selling timeshare apartments in the Marbella area, came to pitch us in the Paris suburbs. Rather than just talking, they decided to make their case with actions: a week on-site, offered free of charge, right in the middle of the Christmas school holidays. My husband travelled extensively for work and had accumulated plenty of Air France miles — which meant a full week of free accommodation, flights and a rental car for the whole family. How could we say no?
Off we went, with our two daughters aged eight and nine.
After a rather exhausting journey, spiced up by a mildly infuriating treasure hunt to locate the P&V office, we finally sank into the living room armchairs while the girls went off to explore their bedroom. To recover from the ordeal, we decided to make a nice cup of tea — the kitchen was reasonably well equipped, everything seemed to be there.
If we’d been in a cartoon, we would have spat it straight back out.
Being well-mannered city dwellers, we simply made a very strange face — truly — and wondered whether we’d somehow mixed up the sugar and the salt. We checked everything carefully: it was all perfectly clean. The sugar was definitely sugar.
It was the tap water that had played the trick on us.
It had simply never occurred to us that salty water could come out of a kitchen tap. It wasn’t part of our mental software.
That’s when we understood why there were two bottles of water in the fridge. On the coast, in southern Spain, at the time of our visit, the water wasn’t particularly well desalinated — and we discovered this the hard way. A more recent stay in the same area showed us that things have improved considerably since then. But in those early days of rampant coastal development, the infrastructure hadn’t quite kept up.
You’ll probably laugh: ever since that day, every single time we stop somewhere in Spain, we always, always run the tap first to test the water. We won’t be caught out again.
That said — we love Spain. It’s a country where we spend some good moments and where we could live… if we hadn’t already made our home in Portugal. 😄
Nicole, from Louveciennes
🇬🇧 Jacques is an old classmate from our engineering school, and I ran into him by chance at a business meeting between our two companies, in Salamanca. We went for a drink afterward and he told me quite the story. His colleagues had swept him along to celebrate something — or maybe nothing in particular — and he found himself, glass in hand, joining in on toasts, repeating, thoroughly egged on by his drinking companions, incantations in Spanish he understood absolutely nothing of. Even now, when he talks about the vulgarities he came out with — crude in a way you simply wouldn’t hear in France, even three drinks in, each one worse than the last — under the amused, knowing looks of his Spanish colleagues, he still turns red. He swore he’d never get caught out like that again, and warned me to be wary of Spanish-style toasts… unless I’m absolutely sure of myself, and of the company I’m keeping! And Jacques, mind you, is no shrinking violet…
A word of warning for anyone who gets swept into that kind of « outing » without knowing what they’re in for!
Jacques, Lille
🇬🇧 When I walked into the hospital waiting room, I looked around for whoever was last in the queue, ready to take my place right behind them. Except there was no queue at all… so how was I supposed to avoid jumping ahead of someone else? I couldn’t possibly memorize everyone in the room to make sure I didn’t cut in front of the wrong person!
It took a kind French lady, who had clearly been through the exact same confusion, to explain it to me: in Spain, you don’t queue in a straight line. You walk in and call out to the room: « ¡Quién da la vez! » (who’s last?). Then you simply keep an eye on whoever answers — and you step up once they’re done.
No more of that sharp « get in line like everyone else! » you get in France… yes, it looks like complete chaos… but it works. It actually works remarkably well!
Isabelle, Marseille
🇬🇧 Our neighbors invited us to their eldest daughter’s wedding — how lovely! We’d known them for years… and they insisted on personally dropping off an invitation card. Honestly, between neighbors, after all this time hearing about the preparations, we didn’t really need one.
But when we opened the envelope… we nearly fell off our chairs.
On a French invitation, you sometimes find a small, discreet mention — either printed on the card itself or on a little separate note — that a wedding registry has been set up at such-and-such store. And honestly, I think that’s a much better system than watching a wedding reception fill up with a mismatched collection of dishes, vases, and random kitchen gadgets nobody needed! Nobody bats an eye, and it genuinely helps the young couple get started in life.
But this… no. This was flat-out a bank account number. Yes, you read that right — the actual IBAN, handed to you, either on a separate little card or printed directly on the invitation itself.
So we looked into it, and no, it’s not exactly considered elegant according to the Asociación Española de Protocolo (the Spanish Association of Protocol). In other words: everyone does it, but everyone also knows it’s not exactly « classy. »
And there you have it — a little culture shock… though I’ll admit, I never checked whether this happens in France too…
Patrick and Geneviève, Enghien

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